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L’ouverture en photographie

tout comprendre pour mieux exposer et créer

L’ouverture en photographie est l’un des trois paramètres fondamentaux de l’exposition. Avec la vitesse d’obturation et les ISO, elle forme le triangle d’exposition. Mais l’ouverture est le principal facteur qui influence la profondeur de champ. C’est ce qui en fait un outil créatif puissant, pas juste un réglage technique.

Dans cet article, je vous explique ce qu’est l’ouverture, comment la lire sur ton objectif, et surtout comment l’utiliser concrètement sur le terrain.

L'ouverture en photographie

Qu’est-ce que l’ouverture en photographie

Quand on parle d’ouverture, on parle du diaphragme de l’objectif. C’est une pièce mécanique composée de plusieurs lamelles métalliques. Ces lamelles s’ouvrent ou se ferment pour contrôler la quantité de lumière qui entre dans le boîtier.

Je compare souvent ça à la pupille de l’œil. En plein soleil, elle se rétracte. Dans le noir, elle se dilate. Le diaphragme fait exactement la même chose, mais c’est vous qui décidez.

diaphragme photo

Comment se mesure l’ouverture

L’ouverture se mesure en f/stop. Vous verrez aussi parfois les termes EV (Exposure Value) ou IL (Indice de Lumination, l’équivalent français). Ces trois termes désignent la même réalité : une unité de mesure de la lumière. En pratique sur le terrain, on parle presque toujours de f/stop ou simplement de “stop”.

Vous la voyez écrite ainsi sur vos objectifs et dans les menus de votre appareil : f/1.8, f/2.8, f/4, f/5.6, f/8, f/11, f/16.

Il y a un point qui perturbe beaucoup de débutants. Et je comprends, parce que c’est contre-intuitif.

Plus le chiffre après le “f” est petit, plus le diaphragme est ouvert. Plus il est grand, plus le diaphragme est fermé.

Donc f/1.4 = grande ouverture = beaucoup de lumière. Et f/16 = petite ouverture = peu de lumière.

Si vous voulez comprendre pourquoi la valeur “f” est inversée par rapport à la taille réelle du diaphragme, je vous recommande cet article de Cambridge in Colour qui détaille la formule optique de manière très claire.

Ouverture diaphragme

Comment connaître l’ouverture de son objectif

Pour connaître l’ouverture maximale de votre objectif, regardez les inscriptions sur la lentille frontale ou sur le fût. Vous y trouverez toujours une indication.

Ouverture constante ou ouverture variable

C’est là que beaucoup de photographes débutants se posent des questions. Il existe deux types d’objectifs.

Les objectifs à ouverture variable affichent deux valeurs, par exemple 4-5.6. Cela signifie que l’ouverture maximale change selon la focale utilisée. Sur un zoom 70-300mm f/4-5.6, vous pouvez ouvrir à f/4 en grand angle (70mm), mais seulement à f/5.6 en télézoom (300mm). Ce sont des objectifs souvent plus accessibles en prix.

Les objectifs à ouverture constante n’affichent qu’une seule valeur, par exemple f/2.8. Quelle que soit la focale, l’ouverture maximale reste la même. C’est l’avantage des optiques professionnelles. 

    Ouverure glissante
    ouverture constante

    Sur cette photo, l’objectif de gauche (Tamron 70-300mm) affiche 4-5.6 : ouverture variable. Celui de droite (Nikon 70-200mm) affiche f/2.8 : ouverture constante, utilisable à cette valeur quelle que soit la focale.

    À quoi sert l’ouverture en photo

    L’ouverture a deux rôles distincts. Le premier est technique. Le second est créatif.

    Rôle 1 : contrôler l’exposition

    En ouvrant le diaphragme, vous laissez entrer plus de lumière sur le capteur. En le fermant, vous en laissez entrer moins.

    Voici un exemple concret. Ces trois photos ont été prises avec la même vitesse d’obturation et les mêmes ISO. Seule l’ouverture change.

    Exposition et ouverture

    On voit clairement l’assombrissement progressif à mesure que le diaphragme se ferme. À f/5.6, l’image est bien exposée. À f/11, elle est nettement plus sombre. Et ce n’est pas un hasard : chaque stop fermé divise la lumière par deux. Passer de f/5.6 à f/8, c’est diviser la lumière par deux. Passer de f/8 à f/11, c’est la diviser par deux à nouveau.

    Tableau des stops d'ouverture montrant la relation entre chaque valeur f/ et la quantité de lumière

    C’est pour ça que l’ouverture est liée aux deux autres paramètres. Si vous fermez le diaphragme pour une raison créative, vous devrez compenser en allongeant la vitesse ou en montant les ISO.

    Rôle 2 : contrôler la profondeur de champ

    C’est là que l’ouverture devient vraiment intéressante. La profondeur de champ, c’est la zone de netteté dans votre image. Et l’ouverture en est le principal facteur.

    Diaphragme fermé (grand f/) = grande profondeur de champ = tout est net.

    C’est ce que j’utilise en photographie de paysage. Quand je veux que le premier plan et l’horizon soient tous les deux nets, je ferme à f/8 ou f/11.

    Diaphragme ouvert (petit f/) = faible profondeur de champ = seul le sujet est net.

    C’est ce qu’on recherche quand on veut isoler un sujet. Le fond se floute et le sujet ressort. Cette qualité esthétique du flou d’arrière-plan, on l’appelle le bokeh.

    ouverture F16

    À f/16, le premier objectif est net, le second est quasiment net, et le troisième commence déjà à perdre en netteté.

    ouverture F9
    ouverture F1.4

    À f/1.4, seul l’objectif en avant-plan est net. Les deux autres sont flous. La profondeur de champ est extrêmement réduite.

    Pour aller plus loin sur ce sujet, j’ai écrit un article dédié à la profondeur de champ que je vous recommande de lire.

    Comment régler l’ouverture sur son appareil photo

    Pour contrôler l’ouverture, vous devez sortir des modes automatiques. Deux modes vous permettent de le faire.

    • Le mode Priorité à l’ouverture (A ou Av)

      C’est le mode que je recommande quand on débute avec ce paramètre. Vous réglez l’ouverture que vous voulez. L’appareil calcule automatiquement la vitesse d’obturation pour que la photo soit correctement exposée.

      Concrètement : vous tournez la molette jusqu’au mode “A” ou “Av” selon les marques. Ensuite vous utilisez la molette de commande pour ajuster la valeur f/.

      C’est le mode idéal pour apprendre à voir l’effet de l’ouverture sans vous soucier de la vitesse dans un premier temps.

    Mode A
    • Le mode Manuel (M)

      En mode manuel, vous contrôlez tout : l’ouverture, la vitesse et les ISO. C’est le mode que j’utilise quasiment tout le temps, notamment en photographie de paysage.

      Pour régler l’ouverture en mode M sur la plupart des boîtiers, vous maintenez le bouton +/- ou AV enfoncé tout en tournant la molette principale.

      Au début, restez en mode priorité ouverture. Une fois que vous comprenez les effets, passez au mode manuel.

      L’article Sortir des modes automatiques vous explique toute la logique de ces modes en détail.

    Mode M

    Attention à ne pas trop fermer le diaphragme

    C’est un piège dans lequel je suis tombé quand j’ai commencé. Je me disais que plus je fermais, plus tout serait net.

    Mais ce n’est pas si simple.

    Le phénomène de diffraction

    Quand vous fermez trop le diaphragme, un phénomène optique apparaît : la diffraction. La lumière qui passe par une ouverture très petite se déforme en entrant. Résultat : votre image perd en netteté globale, même si théoriquement tout devrait être net.

    diffraction

    Le schéma l’illustre bien. À grande ouverture, les rayons lumineux traversent le diaphragme sans déformation notable. À très petite ouverture, ils divergent en passant par l’ouverture réduite, ce qui crée un léger flou sur l’image finale.

    Quelle limite ne pas dépasser

    En pratique, je ne ferme jamais plus que f/16. Si je n’ai vraiment pas le choix, je peux aller jusqu’à f/18, mais c’est une limite que je m’impose rarement. Au-delà, la diffraction commence à impacter visiblement la qualité d’image.

    Pour la photographie de paysage, je travaille le plus souvent entre f/8 et f/11. C’est la zone de netteté maximale de la plupart des objectifs, sans risque de diffraction.

    Quelle ouverture choisir selon la situation

    Voici comment je raisonne sur le terrain pour mes photos de paysage, et comment l’ouverture s’utilise selon les autres types de photographie.

    Photographie de paysage

    J’utilise entre f/8 et f/11 dans la majorité des cas. L’objectif est d’avoir une netteté maximale du premier plan jusqu’à l’infini. Je combine souvent ça avec la mise au point sur le point hyperfocal pour maximiser la zone de netteté.

    Portrait et isolement du sujet

    En portrait, on travaille généralement entre f/2.8 et f/5.6. Plus l’ouverture est grande, plus le fond se floute et plus le sujet ressort. Certains photographes descendent jusqu’à f/1.8 pour un effet très artistique, mais la profondeur de champ devient alors si faible qu’une mise au point imprécise de quelques centimètres suffit à rater la netteté sur les yeux.

    Macro et photographie rapprochée

    En macro, la profondeur de champ est naturellement très faible. On ferme généralement entre f/8 et f/11 pour obtenir suffisamment de netteté sur le sujet.

    Photographie de nuit et en basse lumière

    En basse lumière, j’ouvre au maximum pour laisser entrer un maximum de lumière. J’utilise f/1.8 ou f/2.8 selon l’objectif disponible. Cela me permet de garder une vitesse d’obturation suffisamment rapide, ou de ne pas trop monter les ISO.

    Photographie de la Voie Lactée depuis le sommet du Canigó, prise à f/2.8

    Pour cette photo de la Voie Lactée, j’ai ouvert le diaphragme au maximum, à f/2.8 avec mon Nikkor 10.5mm. C’est la seule façon de capter suffisamment de lumière en conditions nocturnes sans pousser les ISO à l’excès ou allonger trop la pose.

    L’ouverture et la mise au point : une relation étroite

    L’ouverture et la mise au point sont directement liées. C’est impossible d’aborder l’une sans parler de l’autre.

    En fermant le diaphragme, j’augmente la profondeur de champ. La zone de netteté s’étend. C’est ce que j’utilise systématiquement en photographie de paysage pour avoir un maximum de netteté dans l’image.

    À l’inverse, en ouvrant à f/1.4 ou f/1.8, la profondeur de champ devient si faible qu’un décalage de quelques centimètres suffit à faire sortir le sujet de la zone de netteté. La mise au point doit alors être très précise.

    Si vous souhaitez comprendre comment fonctionne la mise au point en détail, je vous invite à lire mon article sur la mise au point.

    Macareux moine photographié à f/2.8, sujet isolé sur fond flou aux teintes rosées du coucher de soleil

    Cette photo de macareux illustre parfaitement l’effet d’une grande ouverture. À f/2.8, la profondeur de champ est si réduite que le fond disparaît complètement dans un bokeh aux teintes chaudes du coucher de soleil. L’œil va directement au sujet.

    Ce qu’il faut retenir sur l’ouverture

    L’ouverture contrôle deux choses simultanément : la quantité de lumière qui entre dans l’appareil, et la profondeur de champ de l’image.

    La valeur f/ est inversée : un petit chiffre signifie une grande ouverture, un grand chiffre signifie une petite ouverture.

    Chaque stop fermé divise la lumière par deux. Chaque stop ouvert la double.

    Ne pas fermer plus que f/16 voire f/18 pour éviter la diffraction.

    En paysage, je travaille entre f/8 et f/11 pour une netteté optimale. En basse lumière, j’ouvre au maximum pour capter le plus de lumière possible.

    Conclusion

    Maîtriser l’ouverture en photographie change vraiment la façon dont on aborde une scène. Ce n’est plus un réglage subi, c’est un choix délibéré. Vous décidez combien de lumière entre dans votre boîtier. Vous décidez ce qui sera net et ce qui sera flou.

    Comme toujours en photo, la théorie ne suffit pas. Sortez avec votre appareil, testez différentes valeurs sur un même sujet, et observez les effets. C’est comme ça qu’on intègre vraiment le fonctionnement de l’ouverture.

    Cet article vous a aidé à mieux comprendre l’ouverture ? Ou vous avez une question sur un point précis ? Laissez un commentaire ci-dessous, je lis tout et je réponds à chacun.

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