Le focus stacking en photographie de paysage
Comment obtenir une netteté parfaite du premier plan à l’infini
Quand on parle de focus stacking, on pense souvent à la macrophotographie. Cette technique est effectivement très utilisée pour compenser la faible profondeur de champ des prises de vue rapprochées. Pourtant, le focus stacking trouve toute sa place en photographie de paysage.
En photographie de paysage, obtenir une image nette du premier plan jusqu’à l’infini est un objectif fréquent. Pourtant, même avec une petite ouverture, certaines scènes restent difficiles à couvrir avec une seule mise au point. C’est notamment le cas quand le premier plan se trouve à quelques dizaines de centimètres de l’objectif.
Face à cette situation, beaucoup de photographes ferment davantage le diaphragme pour augmenter leur profondeur de champ. Cette approche ne suffit pourtant pas toujours à garantir une netteté optimale sur l’ensemble de l’image. Le focus stacking apporte une solution efficace à ce problème en repoussant les limites de la profondeur de champ.
Dans cet article, nous allons voir dans quelles situations utiliser le focus stacking, comment le mettre en œuvre sur le terrain et les grandes étapes pour obtenir une image nette du premier plan jusqu’à l’infini.

Qu’est-ce que le focus stacking
Le focus stacking, qu’on pourrait traduire par “empilement de mises au point”, est une technique qui consiste à fusionner plusieurs images d’une même scène, réalisées avec des mises au point différentes, pour obtenir une photographie avec une zone de netteté plus étendue.
Cette technique est surtout connue en macrophotographie, où elle compense les limites de la profondeur de champ. Son utilisation ne se limite pourtant pas à cette discipline et elle trouve sa place dans de nombreux autres domaines.
Le principe est simple. On réalise plusieurs photos d’une même scène depuis un point de vue identique, avec des mises au point successives. Chaque image possède sa propre zone de netteté. Un logiciel spécialisé analyse ensuite l’ensemble des photos pour identifier les parties les plus nettes de chacune.
Ces différentes zones se combinent pour produire une image finale unique. Le résultat donne l’impression d’une seule photographie, alors qu’elle provient de l’assemblage de plusieurs prises de vue. L’objectif n’est pas de modifier la scène ou d’ajouter des éléments, mais simplement d’étendre la zone de netteté.
Aujourd’hui, le focus stacking est une technique largement démocratisée grâce aux logiciels modernes. Longtemps réservée à des usages spécifiques, elle est désormais accessible à la plupart des photographes souhaitant obtenir un niveau de netteté impossible à atteindre en une seule prise de vue. Si vous souhaitez approfondir les bases techniques de cette méthode, le site Cambridge in Colour propose un tutoriel de référence sur le sujet : Focus Stacking.
Pourquoi utiliser le focus stacking en photographie de paysage
En photographie de paysage, obtenir une image nette sur l’ensemble de la scène est l’un des objectifs les plus fréquents. Dans de nombreuses situations, cela ne pose aucun problème. Certaines compositions peuvent cependant rapidement atteindre les limites de la profondeur de champ.
Cette technique devient particulièrement utile quand votre composition repose sur un premier plan très proche de l’objectif. C’est une situation fréquente en photographie de paysage, notamment avec les objectifs grand-angle et ultra grand-angle. Pour renforcer la profondeur de l’image, on se rapproche souvent d’une roche, de fleurs, de feuilles ou de motifs dans le sable. Plus cette distance diminue, plus il devient difficile de conserver une netteté optimale sur l’ensemble de la scène.
À ce stade, vous allez probablement me dire qu’il suffit d’utiliser l’hyperfocale. Effectivement, cette technique permet d’obtenir une grande profondeur de champ en une seule prise de vue et répond à de nombreuses situations sur le terrain. Toutefois, quand le premier plan se trouve extrêmement proche de l’objectif, même l’hyperfocale atteint ses limites. J’ai consacré un article complet à ce sujet : Comprendre l’hyperfocale en photographie.
Sur cette photographie réalisée aux Lofoten, je trouvais la texture des algues particulièrement intéressante et je souhaitais conserver une netteté optimale sur l’ensemble de l’image afin de mettre pleinement ce premier plan en valeur.
Pour renforcer leur présence dans la composition, j’ai utilisé un objectif de 15 mm placé au plus près des algues. Dans une telle situation, l’hyperfocale ne permet plus d’obtenir la netteté recherchée du premier plan jusqu’à la montagne située à l’arrière-plan.
Pour réaliser cette image, j’ai donc effectué une séquence de 8 photographies à 15 mm et f/11 avant de les assembler en focus stacking.

C’est précisément dans ces situations que le focus stacking prend tout son intérêt. En combinant plusieurs photos avec des mises au point différentes, on obtient une netteté optimale sur l’ensemble de l’image, même quand le premier plan se trouve à quelques centimètres de l’objectif.
Le focus stacking devient alors la solution idéale pour tirer pleinement parti de compositions riches en profondeur sans sacrifier la netteté d’aucune zone.
Comment réaliser un focus stacking sur le terrain
Contrairement à ce qu’on pourrait penser, réaliser un focus stacking sur le terrain n’a rien de compliqué. La difficulté ne réside pas dans la technique elle-même, mais dans la capacité à identifier les situations où elle s’impose et à réaliser une série d’images propre pour faciliter l’assemblage.
Avec l’expérience, on sait souvent dès la construction de la composition qu’un focus stacking sera nécessaire. Quand un élément important du premier plan se trouve très proche de l’objectif, il est facile d’anticiper qu’une seule photo ne suffira pas. Très proche ne signifie pas collé au sujet : la distance minimale de mise au point de l’objectif reste une contrainte à respecter.
Dans d’autres situations, la décision est moins évidente. Il m’arrive de faire quelques essais pour vérifier si une seule photo suffit. Un simple contrôle sur l’écran de l’appareil permet généralement de savoir rapidement si la profondeur de champ répond à mes attentes ou si un focus stacking s’impose.
Une fois cette décision prise, il ne reste plus qu’à réaliser votre séquence de focus stacking. Voyons maintenant les différentes étapes à suivre pour y parvenir.
Stabiliser son cadrage pour le focus stacking
Pour conserver un cadrage identique entre toutes les photos de la séquence, le trépied est indispensable. Si vous bougez entre chaque image, l’assemblage deviendra beaucoup plus compliqué, voire impossible.
Une fois le cadrage finalisé, évitez de toucher au trépied pour ne créer aucun décalage entre vos prises de vue.

Choisir son ouverture pour le focus stacking
Contrairement à une idée reçue, l’objectif d’un focus stacking n’est pas de fermer son diaphragme au maximum. Bien au contraire.
La force du focus stacking est précisément de conserver une ouverture offrant une bonne qualité d’image, tout en obtenant une grande zone de netteté grâce à l’assemblage de plusieurs photos.
Fermer fortement le diaphragme permet certes d’augmenter la profondeur de champ, mais cela s’accompagne généralement d’une perte de qualité d’image liée à la diffraction.
Dans la majorité des situations, une ouverture entre f/8 et f/11 constitue un excellent point de départ en photographie de paysage. Ces valeurs offrent un bon compromis entre profondeur de champ et qualité d’image. Pour aller plus loin sur ce sujet, j’ai écrit un article dédié : maîtriser la profondeur de champ en photographie.
L’idée est simple : plus votre profondeur de champ est importante sur chaque photographie, moins vous aurez besoin d’images pour couvrir l’ensemble de la scène. À l’inverse, une ouverture plus grande réduira la profondeur de champ et nécessitera davantage de prises de vue.
Le choix de l’ouverture influence directement le nombre de photos qui composeront votre focus stacking.
Déterminer le nombre d’images nécessaires
Il n’existe pas de règle universelle pour déterminer à l’avance le nombre exact de photos nécessaires. Cela dépend de votre composition, de la distance entre le premier plan et l’objectif, et de l’ouverture choisie.
Plus le premier plan est proche de l’objectif, plus le nombre d’images nécessaires augmente. À l’inverse, quand les éléments de la scène sont relativement éloignés, quelques photos suffisent à couvrir l’ensemble de la zone de netteté.
L’ouverture joue aussi un rôle important. Une photo à f/14 offre une profondeur de champ plus grande qu’à f/8. Il faudra donc moins d’images pour couvrir l’ensemble de la scène.
Avec l’expérience, on estime assez facilement le nombre de photos nécessaires avant de commencer. Quand j’ai un doute, je préfère en réaliser davantage que nécessaire. Quelques photos supplémentaires ne posent aucun problème, alors qu’une zone oubliée peut compromettre l’ensemble du focus stacking.
Réaliser les différentes mises au point
Pour réaliser ces différentes mises au point, vous pouvez aussi bien utiliser l’autofocus que la mise au point manuelle. Les deux approches fonctionnent parfaitement. Le choix dépendra principalement de vos habitudes ainsi que des conditions de prise de vue.
Deux méthodes permettent de réaliser la séquence. La première consiste à déplacer vous-même la mise au point entre chaque photo. La seconde utilise la fonction de décalage de mise au point intégrée à certains appareils.
Réaliser les mises au point manuellement
Le principe consiste à déplacer progressivement la zone de netteté du premier plan vers l’arrière-plan. Entre deux photos, veillez à ce que les zones de netteté se chevauchent légèrement. Cela garantit que l’ensemble de la scène sera bien couvert lors de l’assemblage.
Commencez par faire la mise au point sur la partie la plus proche de la scène. Prenez une première photo, puis déplacez progressivement votre mise au point vers l’arrière-plan en prenant une nouvelle image à chaque étape.
Rien ne vous interdit toutefois de procéder dans l’autre sens et de commencer par l’arrière-plan pour terminer par le premier plan. L’essentiel est de conserver une progression logique tout au long de la séquence.

Pour cette photographie réalisée à 15 mm et f/13, cinq mises au point ont été nécessaires afin de couvrir l’ensemble de la scène.
Selon votre appareil photo, vous pouvez déplacer le collimateur de mise au point à l’aide du joystick ou directement en utilisant l’écran tactile lorsqu’il en est équipé.
Si vous ne maîtrisez pas encore parfaitement la mise au point ou le choix du collimateur, j’ai écrit un article dédié : La mise au point en photographie.
Je recommande aussi d’utiliser le mode Live View. Il permet de visualiser plus facilement les zones de la scène et de suivre le déplacement de la mise au point. C’est aussi un excellent moyen d’éviter de faire bouger l’appareil en collant son œil dans le viseur entre chaque photo.
Utiliser la fonction intégrée de son appareil photo

De nombreux appareils photo récents disposent aujourd’hui d’une fonction dédiée au focus stacking. Selon les constructeurs, son nom peut varier : Nikon parle par exemple de « Décalage de mise au point », tandis que Canon et Sony utilisent l’appellation « Bracketing de mise au point ». Malgré ces différences de terminologie, le principe reste exactement le même.
Avant de lancer la séquence, faites d’abord la mise au point sur la partie la plus proche de la scène. C’est à partir de là que l’appareil avancera progressivement vers l’arrière-plan. Si vous démarrez au mauvais endroit, toute la séquence risque d’être inutilisable.
Définissez ensuite le nombre de prises de vue. En photographie de paysage, une série de 5 à 15 photos suffit généralement. Comme je l’ai mentionné, je préfère toujours prévoir un peu plus large que pas assez. Si l’appareil estime avoir atteint l’infini avant le nombre demandé, il interrompt automatiquement la séquence.

Le second réglage important est la largeur du pas de mise au point. Ce paramètre détermine l’écart entre deux zones de netteté successives. Plus le pas est faible, plus la progression est fine et plus les chances de couvrir correctement la scène augmentent. En paysage, une valeur entre 4 et 5 constitue un bon point de départ.
Le lissage de l’exposition est une option disponible sur certains appareils. Quand elle est activée, le boîtier compare l’exposition de chaque photo avec la précédente et effectue de légers ajustements pour conserver une exposition homogène tout au long de la séquence.
Son intérêt dépend de votre méthode de travail. En mode manuel, cette fonction est peu utile puisque toutes les photos partagent les mêmes réglages. En revanche, elle devient intéressante si vous travaillez en priorité ouverture, où l’appareil détermine lui-même l’exposition.
Selon votre boîtier et le format d’enregistrement, le résultat peut varier. Certains appareils génèrent directement une image assemblée, mais uniquement en JPEG. En RAW, l’appareil enregistre simplement les différentes photos de la séquence et l’assemblage se fait ensuite sur ordinateur.
Une fois ces paramètres définis, lancez la séquence. L’appareil réalise alors automatiquement les différentes mises au point et les photos associées.
Vérifier les images avant de déplacer votre matériel
Une fois votre séquence terminée, ne déplacez pas immédiatement votre trépied. Prenez quelques instants pour vérifier vos photographies. Cette étape ne demande que quelques secondes et peut vous éviter de mauvaises surprises une fois de retour devant votre ordinateur.
La première chose à contrôler est que l’ensemble de la scène a bien été couvert par vos différentes mises au point. Parcourez rapidement votre séquence et assurez-vous que vous disposez bien d’une photographie nette sur le premier plan, les zones intermédiaires ainsi que l’arrière-plan.
Prenez également le temps de vérifier que la séquence s’est déroulée correctement. Une erreur de mise au point, un nombre d’images insuffisant ou un pas de mise au point mal adapté peuvent parfois passer inaperçus sur le terrain. Si vous utilisez la fonction intégrée de votre appareil photo, assurez-vous également que la séquence est allée jusqu’à son terme.
Lorsque j’ai le moindre doute, je préfère recommencer immédiatement la séquence. Quelques minutes supplémentaires sur le terrain sont souvent bien moins pénalisantes qu’un retour à la maison avec un focus stacking impossible à assembler.
Une fois ces contrôles effectués, vous pouvez déplacer votre matériel et poursuivre votre séance photo sereinement.
Sur cette photographie, ce qui m’intéressait avant tout était l’idée du cadre dans le cadre créée par l’ouverture naturelle du tronc. Je souhaitais toutefois conserver un maximum de détails dans la mousse présente au premier plan tout en gardant l’arbre parfaitement net à l’arrière-plan.
Avec un 15 mm, la mousse se trouvait à environ 20cm de l’objectif. J’ai donc réalisé une séquence de 5 photographies à f/11 afin d’obtenir une netteté optimale sur l’ensemble de l’image après assemblage.

L’assemblage en focus stacking
Une fois les photos réalisées sur le terrain, il s’agit de les assembler pour obtenir l’image finale. Cette étape combine les différentes mises au point pour produire une seule photo nette du premier plan jusqu’à l’infini.
Il existe aujourd’hui deux grandes méthodes pour réaliser cet assemblage : l’assemblage automatique et l’assemblage manuel.
Assemblage automatique
L’assemblage automatique est aujourd’hui la méthode la plus répandue. Il suffit d’importer les photos dans un logiciel compatible pour qu’il réalise automatiquement la fusion.
Cette solution présente plusieurs avantages. Elle est rapide, simple à mettre en œuvre et ne demande que très peu de connaissances techniques. Lorsque la séquence a été correctement réalisée sur le terrain, les résultats obtenus sont généralement excellents. Parmi les solutions les plus connues, on retrouve Photoshop ainsi qu’Helicon Focus. Le premier est avant tout un logiciel de retouche qui intègre une fonction d’assemblage, tandis que le second est entièrement dédié à cette pratique.
Dans la majorité des situations rencontrées en photographie de paysage, cette méthode est largement suffisante. C’est d’ailleurs celle que j’utilise le plus souvent.
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les logiciels d’assemblage commencent généralement à bien s’en sortir à partir d’environ 5 photographies. Avec seulement 2 ou 3 images, le résultat peut parfois devenir beaucoup plus hasardeux.
L’assemblage automatique n’est toutefois pas infaillible. Certaines scènes complexes ou la présence d’éléments en mouvement peuvent parfois entraîner de petites erreurs d’assemblage qui nécessiteront une intervention du photographe.
Assemblage manuel
L’assemblage manuel repose sur un principe différent. Au lieu de laisser le logiciel prendre toutes les décisions, le photographe sélectionne lui-même les zones qu’il souhaite conserver sur chaque image à l’aide de masques de fusion.
Cette méthode peut être réalisée dans Photoshop ou dans tout autre logiciel permettant de travailler avec des masques de fusion sur plusieurs calques. Elle demande davantage de temps et une bonne compréhension des masques de fusion . En contrepartie, elle offre un contrôle total sur le résultat final.
Elle est particulièrement utile lorsque l’assemblage automatique rencontre des difficultés ou lorsque certaines zones nécessitent un traitement spécifique. C’est également une solution intéressante pour corriger localement un assemblage automatique déjà réalisé.
Son principal inconvénient reste le temps nécessaire à sa mise en œuvre. Là où un assemblage automatique peut être réalisé en quelques clics, un assemblage manuel peut parfois demander plusieurs minutes selon la complexité de la scène.
Les limites du focus stacking
Bien que le focus stacking soit une technique particulièrement efficace, elle ne fonctionne pas dans toutes les situations.
La principale difficulté concerne les éléments en mouvement. Quand des feuilles bougent dans le vent, que de l’herbe se déplace entre deux prises de vue ou que des vagues avancent, l’assemblage devient plus complexe. Plus les différences entre les photos sont importantes, plus le risque d’artefacts augmente.
La présence d’éléments en mouvement n’empêche pas systématiquement un focus stacking. Dans certaines situations, on peut adapter sa méthode de travail pour limiter les difficultés lors de l’assemblage.

Sur la photographie ci-contre, le premier plan est constitué de petites plaques de glace flottant à la surface de l’eau. Bien que leur déplacement soit faible, j’ai rapidement constaté qu’elles changeaient légèrement de position entre chaque prise de vue.
Pour limiter les problèmes d’assemblage, j’ai volontairement réduit le nombre de photographies composant mon focus stacking. Plutôt que de réaliser une longue séquence, je n’ai effectué que deux mises au point : une sur le premier plan et une seconde sur l’arrière-plan.
Cette approche permet de limiter les écarts entre les différentes photographies et de réduire le risque d’artefacts lors de l’assemblage. En contrepartie, j’ai dû fermer davantage mon diaphragme afin d’augmenter la profondeur de champ sur chacune des images. Pour cette photographie, j’ai travaillé à f/18.
Cet exemple montre que certaines situations imposent de faire des compromis. En réduisant le nombre de photographies, j’ai limité les problèmes liés au déplacement des plaques de glace. En revanche, l’utilisation d’une ouverture de f/18 augmente le risque de diffraction et donc la perte de qualité d’image. L’objectif consiste alors à trouver le meilleur équilibre possible entre les différentes contraintes rencontrées sur le terrain.
Le focus stacking demande aussi plus de temps qu’une photo classique. Il faut réaliser plusieurs prises de vue puis les assembler en post-traitement. Cette contrainte reste acceptable en photographie de paysage, mais peut devenir problématique quand les conditions évoluent très rapidement.
Conseils pratiques pour réussir son focus stacking
Prévoir une marge lors de la prise de vue
Lors de la réalisation d’un focus stacking, il est préférable de ne pas cadrer trop serré. En effet, lorsque la mise au point se déplace entre les différentes photographies de la séquence, le cadrage évolue également. Une même scène n’occupe alors pas exactement la même place dans l’image et peut sembler avancer ou reculer au fil des différentes mises au point.
Lors de l’assemblage, le logiciel doit alors aligner les différentes photographies afin de compenser ces variations de cadrage. Cette opération entraîne une perte sur les bords de l’image. En laissant un peu d’espace autour de votre composition dès la prise de vue, vous pourrez recadrer facilement votre photographie après l’assemblage sans risquer de couper un élément important présent sur les bords de l’image.
Cette précaution est simple à mettre en œuvre et peut vous éviter quelques mauvaises surprises une fois de retour devant votre ordinateur.
Marquer ses séquences de focus stacking

Lors du dérushage, il n’est pas toujours évident de retrouver rapidement où commence et où se termine une séquence de focus stacking.
Pour faciliter cette étape, j’utilise un geste précis que j’ai défini comme repère pour mes focus stackings. Avant de commencer une série, je fais ce geste devant l’objectif et je le photographie. Une fois la séquence terminée, je refais le même geste et je prends une nouvelle photo.
Au moment du tri, toutes les images situées entre ces deux repères correspondent à ma séquence de focus stacking.
Combiner focus stacking et bracketing d’exposition
Il arrive qu’une scène présente une dynamique d’exposition importante. Dans ce cas, un simple focus stacking ne suffit pas toujours et un bracketing d’exposition devient nécessaire.
À ma connaissance, je n’ai encore jamais rencontré d’appareil photo capable de réaliser automatiquement un focus stacking et un bracketing d’exposition en même temps. Il faut donc contourner cette limitation.
Dans cette situation, je réalise un bracketing d’exposition automatique pour chacune de mes mises au point. Concrètement, je déplace manuellement la mise au point comme pour un focus stacking classique, mais à chaque étape l’appareil réalise une série de photos en bracketing d’exposition.
Au moment du traitement, j’assemble les différentes séries de bracketing pour obtenir un fichier HDR pour chacune de mes mises au point. Il ne reste ensuite qu’à assembler ces fichiers HDR comme un focus stacking classique.
Cette méthode demande davantage de temps, aussi bien sur le terrain qu’en post-traitement, mais elle permet de gérer simultanément les problèmes de profondeur de champ et de dynamique d’exposition.

Au moment de cette prise de vue, la dynamique d’exposition était beaucoup trop importante pour être capturée correctement avec une seule exposition. J’ai donc dû combiner un focus stacking et un bracketing d’exposition.
Pour chacune de mes 5 mises au point, l’appareil a réalisé automatiquement une série de 5 expositions différentes. Au total, cette photographie a donc nécessité 25 prises de vue. Oui, je sais… ça commence à faire beaucoup pour une photo de cailloux.
Conclusion
Le focus stacking permet de repousser les limites de la profondeur de champ quand l’hyperfocale ne suffit plus. En assemblant plusieurs mises au point, on obtient une netteté optimale sur l’ensemble de l’image, même quand le premier plan se trouve extrêmement proche de l’objectif.
Les logiciels facilitent grandement cette pratique, mais la réussite d’un focus stacking repose avant tout sur la qualité de la prise de vue. Une séquence bien réalisée sur le terrain sera toujours plus facile à assembler qu’une série incomplète ou approximative.
Le focus stacking fait désormais partie des techniques incontournables de la photographie de paysage. Bien maîtrisé, il offre une grande liberté de composition et permet d’aborder sereinement des situations qui mettraient rapidement en difficulté les limites de la profondeur de champ.
Derrière son apparente complexité, cette technique reste simple à mettre en œuvre dès lors qu’on adopte une méthode rigoureuse. Avec un peu de pratique, elle devient un réflexe sur le terrain et un outil précieux pour tout photographe de paysage.
Si cet article vous a été utile, n’hésitez pas à laisser un commentaire pour partager votre expérience avec le focus stacking. Et si vous avez des questions, je serai ravi d’y répondre.
Hello Stan ! Super ton article !
Aussi je voulais te signaler que lors d’une recherche avec l’IA “d’un spot voie lactée sur la plateau de Millevaches” pour mon passage en vacances, j’ai vu dans les références consultées par l’IA (CLaude) ton site !
Et oui tu est dans les références internationales !
Au plaisir …
Aussi : je pense qu’en micro 4/3 il est possible de faire 3 images en F11 au lieu de 5 en FF ?
As tu un avis pour les capteurs < FF ?
Merci.