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Photographier la Voie Lactée

Temps de lecture : environ 17 min 

Photographier la Voie Lactée a toujours été pour moi une expérience hors du commun.

Si tout comme moi, vous trouvez qu’il n’y a rien de plus magique que de contempler notre voute céleste et encore plus notre galaxie, la Voie Lactée, alors pourquoi ne pas tenter de la photographier?!

Dans cet article, je vous propose de découvrir comment photographier la Voie Lactée. Vous verrez que ce n’est pas difficile et qu’il n’est pas nécessaire d’avoir du matériel hors de prix pour y arriver.

voie lactée au refuge du camporell's

Voie lactée se reflétant dans l’Estany del Mig au Camporells dans les Pyrénées-Orientales. Photo prise en juillet 2021.

1. Qu’est-ce que la Voie Lactée ?

La Voie Lactée est la galaxie dans laquelle nous vivons. En plus de notre planète Terre, elle contient environ 234 milliards d’étoiles. Quand nous levons les yeux vers le ciel nocturne, toutes les étoiles que nous apercevons à l’œil nu (environ 6000) font partie de la Voie Lactée. Il nous est presque impossible de voir au-delà. On pourrait donc dire que la totalité du ciel que nous voyons est la Voie Lactée. Mais ce n’est pas tout à fait le cas ! Ce que nous appelons Voie Lactée, c’est la large bande lumineuse où se concentre la plus grande partie des étoiles. Sur Terre, peu importe l’endroit où nous vivons, il nous est impossible de la voir dans sa globalité.

En photographie, on a pour habitude de photographier le bulbe de notre galaxie. C’est l’endroit qui se trouve au centre de la Voie Lactée. C’est le point le plus lumineux dans notre ciel nocturne et surtout celui qui contient le plus de détail. En France, le bulbe galactique est coupé en deux par l’horizon. Si vous souhaitez le photographier dans sa globalité, il vous faudra vous rendre dans l’hémisphère Sud.

voie lactée Serge Brunier

Voici une photographie de la Voie Lactée entière, réalisée par Serge Brunier, l’un des meilleurs astrophotographes de France. Pour réaliser ce cliché, il a dû parcourir la terre entière entre l’été 2008 et 2009 et réaliser pas loin de 1200 clichés avec un appareil Nikon D3 un objectif de 50mm avec une ouverture de F/5.6 et une monture équatoriale motorisée. Il a ainsi pu composer ce superbe panorama.

A quoi ressemble notre Galaxie ? 

Si nous pouvions nous éloigner de notre galaxie, nous verrions que celle-ci à une forme de spirale. Je vous propose de découvrir la galaxie d’Andromède qui est la jumelle de la nôtre et surtout notre voisine la plus proche. Malgré cela, elle se trouve quand même à une distance d’environ 2,55 millions années-lumière de nous.

Galaxie d'Andromède

Cette photo a été réalisée à partir d’un empilement de 60 photos, prises au cœur de l’Espagne avec une monture équatoriale motorisée « Skytracker Star aventurer » et un Canon 6D avec un 200mm F/2.8

2. Préparer sa sortie

Il est très important de préparer sa sortie photo. Cette partie n’est pas à négliger. Bien planifier votre sortie, c’est 50 % de la réussite de vos clichés.

  • Quand photographier la Voie Lactée ?

En France, la voie lactée est visible tout au long de l’année. Cependant, le bulbe ne pointe son nez qu’à partir de fin mars. A cette période, il est possible de le voir en fin de nuit. Il restera visible jusqu’à mi-septembre, où il sera alors observable en début de nuit.

Des applications pour smartphone sont disponibles pour connaitre les heures durant lesquelles le centre galactique est visible. J’ai pour habitude d’utiliser Sun surveyor pour sa simplicité d’utilisation notamment.

  • Comment trouver le centre de la Voie Lactée ?

Pas besoin d’être un expert en astronomie pour pouvoir trouver le bulbe galactique. En début de saison, il se trouve entre l’ouest et le sud et finit sa course en fin de saison au sud. Pour être plus précis, le centre de notre galaxie se trouve juste entre, à l’est, la constellation du Sagittaire et, à l’ouest, la constellation du Scorpion, facilement reconnaissable grâce à son étoile Antares qui est d’un jaune orangé très brillant.

carte stellaruim du saggitaire et du scorpion

Si vous n’arrivez pas à trouver ces deux constellations, pas de panique ! Des applications pour smartphone, tel que Star walk 2 ou encore Stellarium, vous permettrons de facilement trouver le centre galactique.

  • Fuir la pollution lumineuse

La pollution lumineuse est un fléau pour l’astrophotographie. En ville ou même aux abords, il est difficile, voire impossible, de photographier le bulbe galactique. Fuir la pollution lumineuse est donc primordial afin de pouvoir capturer toute la beauté du centre de notre galaxie. La France étant un petit pays parsemé de multiples communes sources de pollution lumineuse, il n’est pas simple de trouver un coin qui en est exempt. Pour pouvoir trouver le coin parfait pas loin de chez vous, je vous conseille le site https://avex-asso.org/ : il propose des cartes de la pollution lumineuse pour la France et l’Europe.

Carte pollution lumineuse AVEX
  • Attention à la lune

Tout comme la pollution lumineuse, la lune est aussi à prendre en compte. Les soirs de pleine lune, sa luminosité est telle qu’il vous sera difficile de photographier la Voie Lactée. Il n’est pas impossible de faire des photos du bulbe galactique quand la lune est présente, à condition que cette dernière ne soit ni trop brillante ni sur le centre galactique.

Je vous conseille de privilégier les soirs où la lune est absente. Cela arrive quelques jours avant et quelques jours après la nouvelle lune. Pour connaitre ces jours, vous pouvez vous servir d’application telle que Sunsurveyor ou tout simplement d’un calendrier lunaire.

  • Connaitre la météo

Afin de mettre au mieux en valeur vos photos de la Voie Lactée. Il est nécessaire que le ciel soit le plus possible exempt de nuages. Il peut arriver que des nuages viennent mettre en valeur votre bulbe. Mais la plupart du temps, même un fin voile nuageux risque de gâcher votre sortie.

Je vous invite donc avant chaque sortie à faire un point sur 4 voire 5 modèles météos différents. J’ai pour habitude de vérifier les conditions météos de l’endroit où je me rends sur www.meteociel.fr , www.meteoblue.ch, www.meteofrance.com et sur les applications smartphone Windy et Ventusky qui proposent des cartes interactives avec la couverture nuageuse en temps réel. Bien pratique !

Carte météo windy

Connaitre en avance les conditions climatiques du lieu où vous allez faire vos prises de vue peut permettre de vous éviter un long trajet inutile.

  • Le repérage

Le repérage du lieu où vous allez réaliser vos clichés est sans doute l’un des points les plus importants. Arriver la fleur au fusil sur un lieu que l’on ne connait pas n’est pas recommandé . Si vous faites cela, vous avez de grandes chances de rater votre sortie ! Il est donc préférable de réaliser votre repérage à l’avance, afin de pouvoir prendre connaissance du lieu, de trouver votre composition (nous parlerons de la composition plus bas dans l’article) et d’être sûr que le centre de la Voie Lactée se trouve à l’endroit où vous voulez vous rendre.

Voie lactée depuis le sommet du pic du Canigou, Pyrénées-Orientales

Pour réaliser ce cliché de la croix du Canigó, je me suis rendu au sommet une première fois en 2015 afin de voir si le centre galactique se trouvait au bon endroit. Mais pas seulement. Je voulais aussi savoir si je pouvais bivouaquer entre les cailloux et connaître l’état de la pollution lumineuse . Une fois le repérage fait, je m’y suis rendu de nouveau un an après afin de réaliser mes prises de vue.

Il peut arriver qu’il ne soit pas possible de réaliser en avance le repérage. Dans ce cas-là, je vous conseille  d’utiliser Google Earth en mode nocturne et de vous placer à l’endroit souhaité. Vous pouvez même choisir l’heure pour une mise en situation beaucoup plus précise.

google earth

Vous pouvez également utiliser l’application Sunsurveyor afin de déterminer si la Voie Lactée se trouve dans l’axe de l’endroit que vous voulez photographier.

Bien que vous ayez tout cela à disposition pour envisager votre sortie. Je vous conseille tout de même de vous rendre sur votre spot photo quand il fait encore jour. Cela vous permettra de vous y rendre sans risque, surtout si vous partez en montagne, et de trouver votre composition bien plus simplement que dans le noir total.

  • La composition

La photographie de la Voie Lactée n’échappe pas aux règles de composition. J’ai souvent tendance à dire aux participants, lors de mes stages, que la Voie Lactée n’est pas un sujet au même titre que des nuages. La prendre en photo n’a rien de sorcier, le plus compliqué est de la photographier avec un joli premier plan.

Voie lactée aux Orgue d'Ille-sur-Têt, Pyrénées-Orientales

3. Quel matériel utiliser pour photographier la Voie lactée?

  • Avec quel appareil je peux photographier la Voie Lactée ?

Il est possible de photographier la Voie Lactée avec n’importe quel appareil doté d’un mode « Manuel ». De nos jours, c’est même possible avec un smartphone de dernière génération doté d’un mode « pro » ou d’un mode « Manuel ». Mais si vous souhaitez que vos photos soient les moins bruitées possibles, je vous recommande d’utiliser un appareil Reflex ou un hybride de bonne qualité. Cela ne veut pas dire qu’avec des appareils d’entrée de gamme vous ne pourrez pas réaliser vos photos. Nous verrons, plus bas dans cet article, comment il est possible de réaliser des photos de la Voie Lactée sans que celles-ci ne soient bruitées.

L’idéal pour l’astrophotographie est d’utiliser un appareil « défiltré ». Les boitiers photo sont équipés d’un filtre infrarouge, ce qui les empêche de capturer le rouge de certaines nébuleuses. Afin de pallier ce problème, certaines entreprises vous propose de remplacer ce filtre par un autre plus permissif. Attention, après cette modification, vous risquez de perdre votre garantie constructeur. Mais pour tout vous dire, malgré cela, je pense que ce sera mon prochain investissement photo : acheter un appareil défiltré ou faire défiltrer l’un de mes boitiers.

  • Quel objectif utiliser pour photographier la Voie Lactée?

En fonction des photos que vous voulez réaliser, vous pouvez utiliser aussi bien un ultra grand-angle (UGA) qu’une longue focale. Attention au-delà de 135mm sans un dispositif de suivi, les étoiles de votre cliché deviendront ovales à environ 2 secondes de pose. Votre objectif devra être le plus lumineux possible, il est donc recommandé d’utiliser un objectif avec une ouverture minimum de F/2.8. Si votre objectif n’ouvre pas aussi grand, il vous faudra compenser le manque de luminosité par les ISO. Mais dans ce cas-là, attention au bruit.

  • Quels accessoires sont nécessaires ou utiles pour photographier la Voie Lactée?

trépied
Le trépied

Le premier accessoire dont on ne peut pas se passer, c’est le trépied. Ce dernier permet de rester stable lors de poses longues indispensables à la prise de vue nocturne.

télécommande

Une télécommande

Une télécommande est la bienvenue afin de supprimer tout mouvement superflu au moment du déclenchement. Si vous n’en avez pas, utilisez la fonction « retardateur » de votre boitier, avec un minimum de 10s. Cela permettra d’éviter les flous de mouvement dus à l’appui du doigt sur le boitier.

batterie
Les Batteries

N’oubliez pas de vous munir d’au minimum de 2 batteries chargées, voire même d’une batterie externe. Il serait dommage de rater votre shooting à cause d’un manque de batteries.

tête panoramique
Une tête panoramique

Si vous souhaitez réaliser des prises de vue en panoramique, je vous conseille d’utiliser une tête panoramique. Elle vous garantira un assemblage plus que précis en post-traitement.

ceinture antibuée Haida
Ceinture antibuée

Si vous avez prévu de faire des prises de vue au bord d’une étendue d’eau ou que la température extérieure risque de descendre bien en dessous du point de rosée, je vous conseille d’utiliser une bande chauffante pour objectif, afin d’éviter l’apparition de buée sur votre lentille. Cela ruinerait vos prises de vue.

filtre clear night haida filter
Un filtre anti-pollution lumineuse

Afin d’atténuer la pollution lumineuse, vous pouvez utiliser un filtre anti-pollution lumineuse. Attention au terme « anti », ces filtres ne sont pas magiques. Ils ne suppriment pas la pollution lumineuse, ils ne font que couper l’onde jaune orangé de l’éclairage public. Après atténuation de cette onde, il vous restera quand même la lumière blanche dégagée par l’éclairage.

Sky-Watcher Star Adventurer 2i WiFi
Une monture équatoriale motorisée

Si vous avez prévu de prendre des photos en suivi, vous devrez faire l’acquisition d’une monture équatoriale motorisée. Cette dernière permet de compenser la rotation de la Terre et ainsi d’effectuer des poses beaucoup plus longues qu’en prise statique. Cela permet de capter un maximum de lumières lors de vos prises de vue.

lampe frontale
Une lampe Frontale

Très important, n’oubliez pas de prendre une lampe frontale qui peut éclairer en rouge afin de ne pas vous éblouir.

veste
Couvrez-vous

Enfin, n’oubliez pas de vous couvrir :  même les nuits d’étés peuvent être froides.

voie lactée au refuge du camporell's

4. Quels réglages utiliser en fonction des différentes méthodes de prise de vue de la Voie Lactée ?

Voici les réglages valables pour toutes les méthodes de prise de vue de la Voie Lactée que je vais énumérer plus bas.

  • Prendre des photos en RAW

Pour commencer, vérifiez que votre appareil prend bien des photos au format RAW. Si cela n’est pas le cas, vous aurez des problèmes au post-traitement. Le format compressé du JPEG vous fera perdre des détails dans les étoiles et compliquera le post-traitement de vos images.

  • Comment faire la mise au point ?

Réaliser votre mise au point de nuit à l’aide de l’autofocus n’est pas possible. Vous devrez donc passer en mise au point manuelle. Une fois dans ce mode, vous devrez activer le liveview et viser une étoile très brillante. Ensuite, zoomez au maximum dans votre liveview et faites la MAP sur cette dernière. Pour que votre mise au point soit parfaite, il faudra que votre étoile soit la plus petite possible.  À pleine ouverture, entre f/1.2 et F/2.8, cela peut prendre du temps. Soyez patient et prenez votre temps pour la réaliser car de celle-ci déprendra la netteté de vos clichés. Au fait, oubliez la mise au point sur le symbole de l’infini de votre objectif, celui-ci est rarement juste car il dépend de la température extérieure. S’il fait chaud, les lentilles de votre objectif se dilatent et à l’inverse se contractent quand il fait froid, ce qui fausse l’infini.

  • Les ISO

Déterminez vos ISO en fonction de la luminosité. Ils dépendent du boitier que vous utilisez. Pour ma part, je me mets à ISO 3200 avec mon boitier Nikon D5300 (c’est un APSC de moyenne gamme) alors que je peux monter jusqu’à ISO 6400 avec mon Nikon D810 (qui est un boitier pro et qui, pour le coup, supporte bien mieux le bruit). Pensez à vous servir de l’histogramme de votre boitier pour définir les ISO. Pour des photographies de Voie Lactée, il est préférable d’avoir les hautes lumières au ¾ de l’histogramme, ce qui améliorera le rapport signal bruit de votre cliché.

  • Désactiver la réduction du bruit

De nos jours, les appareils photo sont équipés d’une option de réduction automatique du bruit. Celle-ci permet de supprimer le bruit qui est engendré par la montée en iso. Mais elle est longue à effectuer et rendra votre appareil inopérant pendant de longues secondes. De plus, ce système est énergivore et consommera très rapidement votre batterie.

5. Les différentes méthodes pour photographier la Voie Lactée

  • La pose unique (one shot)

Comme son nom l’indique, cette technique consiste à prendre une seule et unique photo du premier plan et de la Voie Lactée. C’est la méthode la plus communément utilisée par les photographes car celle-ci ne demande que très peu d’expérience et de post-traitement. Mais en utilisant cette technique, on se retrouve rapidement coincé, surtout si le premier plan est dans le noir complet et que notre objectif n’ouvre pas assez pour lui donner une exposition correcte. Elle a aussi ses limites en termes de bruit car plus vous monterez vos ISO plus vous aurez de bruit sur vos photos.

Pic de Nore, montagne noire, Aude

Cette photo du pic de Nore dans l’Aude a été réalisée en 2020, en une seule prise vue avec l’appareil et les réglages suivants : Nikon D810 avec un objectif Tamron SP 15/30 F/2.8 à 15mm, avec une pose de 25s une ouverture de F/2.8 et 4000 ISO. Le post-traitement est fait avec Lightroom et Photoshop.

  • L’ouverture

Ouvrez votre objectif au maximum pour faire entrer le plus de lumière possible.

  • Les ISO

Ensuite, réglez vos ISO comme vu précédemment.

  • Le temps de pose

Une fois vos ISO réglés, il ne vous reste plus qu’à régler votre temps de pose. Attention, la Terre tournant sur elle même, en astrophotographie, en fonction de la focale utilisée, plus votre temps de pose est long, plus vous risquez de rendre vos étoiles ovales. Il est donc nécessaire d’utiliser une règle pour connaitre le temps de pose adéquate en fonction de la focale utilisée.

Pour connaitre le temps de pose maximal, vous pouvez utiliser la règle des 500. Si vous utilisez une focale de 15mm, votre temps de pose maximal sera de 33s sur un appareil Full Frame (15/500 = 33s). Avec un boitier APSC, il vous faudra encore diviser le temps de pose par le facteur crop de votre boitier : Nikon = 1.5, Canon = 1.6 … Donc pour Nikon : 15/(500/1.5) = 22s.

Si tout comme moi, vous êtes pointilleux sur la qualité de vos photos et que vous souhaitez en faire des tirages grand format, je vous recommande d’utiliser la règle des 300. Le calcul est le même, mais vous devrez remplacer 500 par 300. Si vous n’avez pas envie de jouer de la calculatrice pendant vos prises de vue, je vous recommande d’utiliser une cellule de déclanchement de type Pluto Trigger. L’application qui fonctionne de pair avec cette dernière calculera à votre place le temps de pose et vous permettra de déclencher vos prises de vue directement depuis votre smartphone.

étoiles filée

Le temps de pose de cette prise de vue est bien trop long. Comme vous pouvez le voir, les étoiles ne sont pas rondes mais elles dessinent un petit trait. On dit alors qu’elles sont filées.

  • La multi exposition (digital blending)

La multi exposition, ou plus communément appelée digital blending, est une méthode photographique qui permet de dissocier la prise de vue du ciel de celle du sol. Elle vous permet d’avoir une photo avec le ciel bien exposé et une autre avec le sol bien exposé. Par la suite, il ne vous restera plus qu’à assembler les deux avec un logiciel tel que Photoshop.

Parc éolien Catalan, Pézilla la rivière, plaine du Roussillon

Photo réalisée dans un champs d’éoliennes des Pyrénées-Orientales en septembre 2017. Afin de faire ressortir les vignes qui se trouvent en premier plan, j’ai dû faire  une multi exposition. J’ai donc réalisé séparément une photo des vignes en utilisant les réglages suivants : 800 ISO F/2.8 142s de pose. Puis une autre pour le reste de l’image avec ces réglages : 2000 ISO F/2.8 et 30s de pose. L’ensemble de la photo a été réalisée avec un Nikon D5300 et un objectif Tokina 11/16 II F/2.8 à 11mm. Le prétraitement est fait avec Lightroom et l’assemblage et le post traitement avec Photoshop.

  • L’ouverture

En digital blending, pour votre cliché du  ciel, comme pour le simple cliché, ouvrez le diaphragme de votre objectif au maximum.vous pouvez cependant  Vous permettre de fermer légèrement  le diaphragme de votre objectif pour la prise de vue du premier plan.

  • Les ISO

Les ISO de votre cliché du ciel doivent être réglés en fonction de la luminosité comme précédemment. ceux du premier plan peuvent être différents : vous pouvez faire le choix ou non de les baisser.

  • Le temps de pose

Le temps de pose pour prendre le ciel doit être calculé comme pour un cliché unique. Tandis que pour votre premier plan, vous devrez adapter votre temps de pose en fonction des ISO que vous avez choisis. Plus vous baisserez les ISO, plus vous devrez poser longtemps afin qu’il soit correctement exposé. Pour ma part, j’aime faire des poses très longues à faible ISO, environ 800 ISO, afin d’avoir un premier plan sans aucun bruit ou presque. Si vous prenez le parti de faire une pose très longue pour votre premier plan, faites attention à ce qu’il n’y ait pas d’élément en mouvement, comme des arbres dans votre cadre, car ils apparaitront flous sur votre cliché.

  • L’empilement (stacking)

L’empilement est une technique de prise de vue qui vous permettra de supprimer le bruit comme par magie. Pour la mettre en œuvre, vous devrez prendre une série de photos sans bouger avec les mêmes réglages. Une fois cette série réalisée, il vous faudra comme dans la méthode de la multi exposition prendre une photo à part de votre premier plan. Ensuite, il vous faudra empiler vos images du ciel dans un logiciel comme Sequator (sur PC) et Siril (sur Mac). Je sais que de prime abord, tout cela a l’air compliqué et vous avec certainement peur que ces logiciels pèsent lourd dans votre budget photo. Pas d’inquiétude à avoir, ils sont tous les deux très simples d’utilisation et gratuits.

Villefranche de Conflent

Cette photo a été réalisée en septembre 2018 dans une grotte sur la commune de Villefranche de Conflent dans les Pyrénées-Orientales. Elle résulte d’un assemblage de 71 clichés, 40 pour le ciel avec les réglages suivants : 5000 ISO à F/2.8 et 20s de pose. 30 pour le 1er plan à 4000 ISO F/4 30s de pose et une du 1er plan avec le personnage 5000 ISO à F/2.8 et 30s de pose. Le tout, avec un Nikon D5300 et un objectif Tokina 11/16 II F/2.8 à 13mm. L’empilement a été réalisé avec le logiciel Sequator, le prétraitement avec Lightroom et l’assemblage avec Photoshop.

  • L’ouverture

Lorsque vous réalisez du stacking, vous pouvez vous permettre de fermer légèrement le diaphragme de votre objectif. Cela vous fera gagner en netteté, les objectifs photos étant rarement très bons à pleine ouverture. J’ai pour habitude pour cette méthode de mettre mes objectifs qui ouvrent à F/2.8, entre F/3.5 et F/4.

  • Les ISO

Comme pour la multiple exposition, vous allez devoir dissocier les ISO de la prise de vue du ciel de celle du premier plan. Mais dans ce cas-là, n’ayez pas peur des ISO ! Cette technique vous permet de supprimer le bruit au post traitement. Plus vous prendrez de photos, plus vous supprimerez le bruit. Il est dit que pour arriver à un résultat équivalent à 100 ISO après empilement, vous devez diviser le chiffre des ISO que vous utilisez par 100 et faire autant de prise de vue que le résultat trouvé.

Exemple : Si je réalise des prises de vue à 6400 ISO, je dois faire 64 photos pour arriver à un résultat approchant 100 ISO.  6400/100 = 64.

  • Le temps de pose

Avec cette technique, le temps de pose pour le cliché du ciel se gère de la même façon que les méthodes précédentes, excepté que vous allez devoir multiplier vos prises de vue afin de supprimer le bruit. La prise de vue de votre premier plan peut être par contre réalisée de deux façons :

  • Vous pouvez faire le choix d’utiliser la même technique que pour le digital blending.
  • ou réaliser un stacking de votre premier plan. Vous pourrez ainsi garder des hauts ISO pour effectuer des poses moins longues, afin de diminuer le mouvement des arbres par exemple. Il vous suffira par la suite d’empiler aussi les clichés de votre premier plan pour supprimer le bruit et l’assembler avec votre ciel.
  • Suivi (tracking)

La technique dite du suivi ou tracking consiste à réaliser des prises de vue avec une monture équatoriale motorisée qui permet par son mouvement de compenser la rotation de la Terre. Cette technique vous permettra de faire des poses plus longues et ainsi capter le plus de lumière possible. Comme pour les deux dernières méthodes, il vous sera nécessaire de prendre votre premier plan à part et de l’assembler avec votre ciel en post-traitement. En utilisant cette méthode, vous pouvez choisir de faire soit un cliché unique de votre ciel, soit un empilement de plusieurs clichés. Je préfère utiliser la dernière solution car, comme nous l’avons vu, elle permet de supprimer le bruit en post-traitement.

Voie lactée sur le plateau de Valensole

Cette photo, prise en 2021 sur le plateau de Valensole, résulte d’un suivi réalisé avec une monture Skytracker star aventurer, un Nikon D810 avec un objectif Tamron SP 15/30mm F/2.8. Afin de réaliser cette image, j’ai pris une série de 20 clichés avec une pose de 80s à F/3.5 et les iso à 3200. Pour le premier plan : une pose de 309s à F/3.5, avec les iso à 2500. L’empilement a été réalisé avec le logiciel Sequator, le prétraitement avec Lightroom et l’assemblage et le post traitement avec Photoshop.

  • L’ouverture

Comme pour le stacking, vous pouvez vous permettre de fermer légèrement votre ouverture.

  • Les ISO

Vous pouvez faire le choix d’utiliser des ISO assez bas, vous devrez alors faire des poses plus longues, ou à l’inverse utiliser des hauts ISO et ainsi raccourcir vos poses.

  • Le temps de pose

Comme nous l’avons vu plus haut, cette technique permet grâce au suivi de faire des poses plus longues que d’ordinaire. Mais attention à ne pas en abuser ! Les montures équatoriales d’entrée de gamme peuvent avoir ce que l’on appelle des « erreurs périodiques ». Pour faire simple, il arrive qu’elles perdent un peu le fil avant de se recaler d’elle-même, ce qui a pour conséquence d’avoir une photo légèrement floue.

Le temps de pose dépend de plusieurs facteurs mais l’un des plus importants, c’est la focale que vous allez utiliser.

Si vous utilisez une monture d’entrée ou de moyenne gamme, voici les temps de pose maximum.

 Moins de 24mm = 3min max

 Entre 24mm et 50mm = 2min max

 Entre 50mm et 135mm = 1min max

 Au-delà de 135mm = 30s max

  • La photo panoramique (pano)

Réaliser un panoramique est un excellent moyen de photographier le ciel nocturne. Cette technique vous permettra de capturer l’arche de la Voie Lactée comme de réaliser, avec une longue focale, des clichés de la Voie Lactée avec des détails incroyables. Pour la mettre en œuvre, vous devrez prendre des photos en balayant la zone que vous souhaitez capturer. Ensuite, il vous faudra les assembler en post-traitement avec un logiciel tel que Lightroom ou un logiciel dédié comme AutoPano Giga.

infinity, Caudiès-de-Fenouillèdes, Pyrénées-Orientales, Occitanie

Cette photo panoramique a été réalisée en juillet 2020 à la frontière entre l’Aude et les Pyrénées-Orientales. Elle résulte d’un assemblage de 32 clichés, pris sur deux rangées. Pour le premier plan j’ai réalisé 3 rangées identiques, une pour le 1er plan sans les phares une pour les phares jaunes et une pour les rouges. J’ai assemblé l’ensemble en me servant de la méthode du digital blending. J’ai réalisé une rangée de plus pour le ciel que j’ai aussi fusionné au reste de l’image avec la technique de la multi exposition. L’empilement et le prétraitement ont été réalisés avec Lightroom, l’assemblage du digital blending avec Photoshop.

  • Les réglages

En photographie panoramique, vous pouvez adopter n’importe laquelle des 4 méthodes si dessus, avec les réglages qui lui correspondent. Cependant pour que votre pano soit réussi et simple à assembler, il y a quelques règles à suivre.

Lors de la prise de vue
  • Pensez à mettre votre trépied de niveau.
  • Soyez ordonné, ne partez pas dans tous les sens, vous risqueriez d’oublier de faire des clichés. Ce qui sera fort dommage. Je vous conseille de faire vos prises de vue en rangées. Commencez par la rangée du premier plan, ensuite celle de l’horizon, le tout jusqu’à atteindre le zénith. N’hésitez pas à prendre plus des photos que vous en avez besoin, vos mieux en avoir plus que pas assez. Si vous vous lancez dans un pano de l’arche de la Voie Lactée, il vous faudra réaliser une rangée de plus au-dessus du point le plus de cette dernière. Suivant le logiciel que l’on utilise, il peut arriver que le haut de la dernière rangé ait des déformations.
  • Vos clichés doivent tous avoir les mêmes réglages et la même focale. Attention à ce que votre balance des blancs ne soit pas en automatique, car elle risque de changer entre les prises de vue. Si dans la zone que vous allez photographie il y a des éclairages ou de la pollution lumineuse faite en sorte de ne pas les surexposer.
  • Vos photos doivent se chevaucher chacune d’au moins un 30%. Se qui permet au logiciel de les assembler correctement
L’assemblage

Pour faciliter l’assemblage en post-traitement, vous servir d’une tête panoramique. Celle-ci vous permet de fixer son appareil photo sur son trépied au point idéal de rotation « le point Nodal ».  Cet accessoire n’est pas obligatoire pour réaliser des panoramiques, mais je vous le recommande. Il permettra de ne pas vous retrouver avec un assemblage complètement déformé et difficile à redresser.

Déformation photo panoramique

Voici un pano assemblé avec Lightroom. On voit bien la déformation due au fait de ne pas avoir utilisé une tête panoramique.

6. Le post – traitement

Quand on vient de photographier la Voie Lactée et qu’on l’on regarde sa photo, elle parait souvent fade et bien moins captivante que les photos qu’on a l’habitude de voir de la Voie Lactée. N’ayez pas d’inquiétudes, c’est normal ! Pour révéler tout le potentiel de votre cliché, vous allez devoir nécessairement passer par une phase de post-traitement. Pour réaliser le plus proprement possiblr cette étape, il faudra impérativement prendre vos clichés en RAW.

En fonction de la technique que vous avez choisie d’employer, la difficulté du post-traitement peut grandement varier. Il peut être rapide et ne nécessiter l’utilisation que d’un logiciel, du type Lightroom. Il peut également être bien plus compliqué et plus long à mettre en œuvre et parfois nécessiter l’utilisation de 2 logiciels, voire plus.

sans traitement
Voie Lactée au dessus du Canigó

7. Conclusion

Nous voilà maintenant à la fin de cet article. Je sais qu’il est particulièrement long mais c’était nécessaire pour traiter le sujet en profondeur.

Comme vous l’avez vu, selon la technique employée, il n’est pas forcément ni compliqué ni hors de prix de photographier la Voie Lactée. Si vous n’avez jamais réalisé de tels clichés, je vous recommande dans un premier temps de commencer d’abord par la méthode de la photo unique. Une fois que vous vous sentirez à l’aise avec celle-ci, vous pourrez passer aux suivantes.

Si dans un premier temps, vous n’arrivez pas à faire de magnifiques clichés, ne vous découragez pas. Rome ne s’est pas faite en un jour.

J’espère que cet article aura répondu à toutes vos questions sur la façon dont on photographie la Voie Lactée. Si vous avez des questions, n’hésitez pas à me les poser dans l’onglet avis situé en bas de page, je me ferai un plaisir de vous répondre.

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31 Commentaires

  1. très bon article, riche et précis, Stan a pris beaucoup de soins pour le rédiger car il a négliger aucun détails, je le recommande pour une réussite de ses images de voie lactée !

    Réponse
    • Merci beaucoup Jérôme pour ton retour.
      content que l’article t’ai plu

      Réponse
    • De tous les tutos disponibles sur la toile, le tiens est très explicite. Alors il est vrai qu’il faut prendre le temps de tout lire, mais c’est une mine d’informations ! Étant débutant, j’ai absolument tout compris. Encore merci stan, en plus de nous faire rêver avec tes photos, tu nous permet d’essayer et nous donne toutes les bonnes informations pour arriver à avoir un résultat. Merci beaucoup.

      Réponse
      • J’avoue qu’il est un peu long. mais il fallait bien cela pour traiter du sujet en profondeur 😉
        merci pour le compliment et content que cet article t’ai permis d’en apprendre plus sur ces techniques de prise de vue.

        Réponse
        • Au top …merci pour ton partage et ton savoir faire …vivement de se remettre dans le bain et mettre tous ça en pratique,tu restes notre mantor photo ever…je préconise absolument les stages aussi Stan est une mine d or et chaque stage a été pour moi une petite révolution ..merci ne change rien et continue à nous faire rêver et progresser

          Réponse
  2. Quel travail a du te demander la rédaction de cet article ! C’est remarquable de détails et vraiment didactique ! J’adore ! un immense merci pour ce partage… Tes photos sont magnifiques !

    Réponse
    • Merci à vous pour le compliment et votre retour sur l’article 🙂

      Réponse
    • Super article complet avec des exemples de prise de vue et d exifs.
      De très bon conseil pour attaquer en astrophoto
      Merci

      Réponse
      • Mais de rien, tous le plaisir est pour moi 🙂
        merci pour votre retour

        Réponse
  3. C’est super intéressant Stan !
    Merci pour ce bel article, tes photos sont magnifiques !!

    Réponse
    • Merci beaucoup Thierry
      y’a pas de quoi, tous le plaisir est pour moi.

      Réponse
  4. Article très pointu avec des conseils très précieux. Merci Stan de partager ton expérience avec nous, sûrement l’un des plus riche article sur le sujet. Y’a plus qu’à !

    Réponse
    • RRRRRRooooooo Merci Philippe 🙂
      oui y’a plus qu’a attendre le printemps pour si remettre.
      j’espere qu’on pourra se refaire une petite virée ça serait cool

      Réponse
  5. Que dire de plus?
    Il y a tout, de la préparation de la sortie devant son ordi, à la prise de vue, en passant par les risques et les erreurs à ne pas faire.
    A nous les milky ways splendides!

    Réponse
    • Merci Beaucoup Rierry 🙂
      content que cet article t’ai plu ! vivement nouvelle saison de VL

      Réponse
  6. Un grand merci pour cet article très complet! Plus aucunes excuses pour foirer ses sorties VL. Je ne vois que la couverture nuageuse pour faire galérer. Mais ça, c’est difficile à maitriser 🙂

    Réponse
    • mais de rien tous le plaisir est pour moi 😉
      pour la couverture nuageuse, si tu prepare bien ta sortie en amont, il y a peu de chance que tu fasses de la route pour rien

      Réponse
  7. Super article ultra complet, on voit tout le travail qu’il y a derrière pour arrive à un tel résultat, merci pour toute c précision que tu nous apporte.

    Réponse
  8. Superbe article, ultra détaillé, parfait pour un non initié qui voudrait tenter de prendre la Voie Lactée en photo. Joli boulot Stan.

    Réponse
  9. Merci vraiment instructif super Stan

    Réponse
      • Bonsoir Stan.Super article sur la prise de la voie lactée !il y avait des choses que je ne connaissais pas et on apprend beaucoup !enfin un article complet de A a Z! Un grand merci !!!!et encore bravo !

        Réponse
        • Merci beaucoup, ravi qu’il t’ai appris des choses 😉

          Réponse
  10. Je ne suis pas novice en la matière mais je crois que c’est fait : Je sais tous ce qu’il y a à savoir.
    Un très grand merci pour cet article HYPER COMPLET !!!
    Toutes les astuces, toutes ce qu’il y a à savoir, toutes les réponses sont là.
    Merci beaucoup.
    Je vais courir m’acheter une ceinture antibuée ; ce sera une sacrée libération de ne plus avoir à essuyer mon objectif.

    Réponse
    • Merci beaucoup pour ton retour 😉
      oui franchement la ceinture anti buée ça sauve !!!!!!!

      Réponse
    • Très intéressant, très complet avec de belles photos.
      Merci de nous faire partager tout ça 😍

      Réponse
  11. Énormément de travail en amont, un investissement à la hauteur de ta personne pour encore une fois un article très bien détaillé.
    Merci pour tout ce temps que tu nous consacres afin de nous aider à évoluer dans le monde de la photographie

    Réponse
    • Bonjour Laury,
      merci pour ton retour sur l’article. content que ce dernier t’es plu et qu’il te permette d’évoluer dans la pratique de la photo

      Réponse
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